Par Patrice Rabe

Leur disparition a laissé un grand vide dans cette France qui les aimait tant. Jean d'Ormesson, le journaliste, l'écrivain et l'académicien et Johnny Halliday, la star incarnant parfaitement la chanson française sont partis au panthéon des grands hommes à un jour d'intervalle.

Le premier incarnait à la perfection l'esprit français, le second a été le chanteur populaire par excellence, sachant transcender toutes les générations avec ses chansons. L'hommage qui leur est fait par les Français est unanime. Celui qui a été fait hier à Jean d'Ormesson fut solennel et particulièrement émouvant. Aujourd'hui, la France entière va être à l'unisson lors de cette descente du cercueil de Johnny sur les Champs-Elysées avant les obsèques à l'église de La Madeleine. Cette émotion a été ressentie bien au delà de l'Hexagone, car il était l'idole de plusieurs générations de mélomanes du monde francophone. Les chaînes de radio et télévision françaises ont bouleversé leur programmation pour évoquer le souvenir de la star.

Ces disparitions ont quelque peu éclipsé les déplacements du président français Emmanuel Macron en Algérie et au Qatar. Ces voyages officiels ont pourtant connu plusieurs faits marquants. Le chef d'Etat français a annoncé qu'il voulait ouvrir une nouvelle page dans l'histoire des relations franco-algériennes et qu'il ne fallait plus être lié par le passé. Il s'est ensuite rendu au Qatar où près de 12 milliards d'euros de contrats commerciaux ont été signés.

Un tournant a certainement eu lieu dans la géopolitique du Moyen-Orient après l'annonce de Donald Trump concernant l'installation de l'ambassade des Etats- Unis à Jérusalem. Il s'agit d'une rupture unilatérale du statu quo qui régnait depuis plusieurs décennies. Cette décision a été condamnée par les Palestiniens et le monde arabe en général. Les nations occidentales ont manifesté leur désapprobation. Nul ne sait ce que va devenir la paix fragile qui règne depuis. Le Hamas a appelé à une nouvelle Intifada. Effectivement des heurts ont eu lieu entre jeunes Palestiniens et soldats Israëliens, faisant deux morts. Mais un coup de théâtre est survenu, puisque le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed ben Salmane a suggéré au chef de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas d'abandonner l'idée de faire de Jérusalem la capitale du futur Etat palestinien.

Une fois n'est pas coutume, c'est par l'actualité nationale que nous terminerons cette chronique hebdomadaire. Cette fin d'année devrait être particulièrement morose dans la Grande Ile. Le climat social est plombé par ce train de hausse qui a éreinté la population. Le pouvoir, devant la situation de plus en plus délicate, a décidé de réagir et a constitué une équipe de contrôleurs ou task-force pour empêcher les spéculateurs du marché du riz de sévir et ainsi de freiner la hausse incessante du prix du riz. Des importations massives de la précieuse denrée ont été décidées pour satisfaire les besoins de la population. Le chef de l'Etat a fait son premier voyage officiel au Japon. Le premier ministre de ce pays a loué la stabilité politique de la nation.

La situation sociale dans le pays pose un véritable problème aux dirigeants. Des solutions sont activement recherchées, mais pour le moment, la population souffre de la précarité de sa situation. La communication du régime ne peut pas arriver à la rassurer entièrement. A quinze jours de Noël, l'ambiance est plus que morose et le dire ne doit pas être assimilé à une manière de contrecarrer les efforts du pouvoir comme certains de ses zélateurs l'affirment.

Par Dona Elikia

Pour tous, c'était simplement "Johnny": l'incarnation du rock français. Sa voix puissante a traversé les modes, au-delà des territoires.

En Afrique, des hommages au rockeur français se sont multipliés tant, le chanteur avait également marqué les mémoires culturelles et affectives de nombreuses familles dont plusieurs personnalités à Abidjan ou Kinshasa. Morceaux choisis d'hommage d'artistes africains.

Le chanteur ivoirien Alpha Blondy : « C'est un vieux complice qui vient de terminer sa mission sur terre. Johnny est un pan de notre mémoire culturelle pour les gens de ma génération. La chanson que j'ai beaucoup aimée est son duo avec Sylvie Vartan "J'ai un problème." Cela nous aidait à draguer les filles », a affirmé le chanteur ivoirien âgé de 64 ans. Puis d'ajouter: « Johnny Hallyday a donné plusieurs concerts en Côte d'Ivoire où il compte beaucoup de fans dont beaucoup de membres du gouvernement actuel ! »

Le rappeur franco-congolais Passi avait enregistré "Le temps passe" en 2005 avec Johnny Hallyday : « À l'époque, j'étais sur un projet dans lequel je mélangeais des artistes de rap et des artistes de rock. Avec mes complices, Doc Gynéco et Stomy Bugsy, on avait croisé Johnny sur des télés, on lui a proposé de faire ce duo. Et c'est Johnny qui a accepté, plus que les maisons de disques, c'est vraiment lui. C'est un titre que beaucoup de gens aiment et que j'ai pris plaisir à produire et réaliser. Finalement, Johnny l'a mis dans son album "Ma Vérité". On a fait un très joli clip que Johnny, lui-même, a fait rentrer sur TF1. Il tenait vraiment à ce titre et l'a soutenu. Il était sur le tournage du clip. On me disait quand Johnny vient, on tourne vite car il peut partir au bout de deux heures, il a plein de choses à faire... Au final, il est venu de 8 heures du matin à 22 heures, il a été disponible. Je me suis bien entendu avec lui, j'ai découvert le père, le bonhomme et pas forcément la grande star », a-t-il confié au parisien.

L'artiste congolais Koffi Olomidé, pour qui la star française était une véritable idole a indiqué sur les réseaux sociaux : « Je pleure comme un bébé depuis 4h du matin. Les mots musique, chanteur, idole, et charisme n'auront plus tout à fait le même sens à la suite du décès de Johnny Hallyday... La chanson a perdu son Dieu. Va en paix mon Idole. » À noter que le chanteur, qui a accompagné des générations de francophones dans le monde, vendant environ 100 millions de disques en près de 60 ans de carrière, est décédé mercredi à 74 ans d'un cancer du poumon.

Aujourd'hui, un "hommage populaire" exceptionnel et rock'n roll lui sera rendu, avec une foule d'admirateurs attendus sur l'avenue des Champs-Élysées et un défilé de centaines de motards, avant une messe en l'église de la Madeleine à Paris. Il sera inhumé dans l'intimité lundi sur l'île antillaise de Saint-Barthélemy, où il possédait une propriété.

Par Marie Alfred Ngoma

The Ameni Gospel Singers continue sa tournée dans la région de l'Ile de France. Prochaine salle d'escale ? La ville de Crosnes dans l'Essonne, près de Paris.

Pour clôturer l'année, la salle du Théâtre de Mars à Crosnes vibrera au rythme de Gospel, le samedi 16 décembre à 21 heures, avec The Ameni Gospel Singers.

Pour le groupe congolais, ce sera l'occasion de continuer son périple dans les banlieues de Paris et de proposer un répertoire composé de chants simples ou plus sophistiqués, chantés a cappella, tantôt en anglais, tantôt en lingala.

Avec sa nouvelle collaboration avec la journaliste Vanessa Nguema, les artistes Dorian, Darnas, Médard, Anatole et Willy veulent étendre leurs productions de spectacles hors de France, pays de leur résidence.

Pour réserver :

http://www.theatredemars.fr

Le chef de l'Etat a reçu, hier matin, le président du gouvernement de Tenerife. C'est au lendemain de l'inauguration de l'Aidb à laquelle il a pris part en tant qu'invité.

Carlos Alonso entend mettre à profil cette opportunité, notamment par une coopération dans les domaines du tourisme et des transports aériens. La coopération vise également d'autres secteurs comme la santé ou encore la coopération décentralisée.

Par Lova Rafidiarisoa

En moins d'un mois, le gouvernement a bénéficié d'appuis financiers d'un montant de plus de 170 millions de dollars. Les impacts se font encore attendre.

Les financements pleuvent. En moins d'un mois, le gouvernement bénéficie des financements issus de différents bailleurs de fonds sous forme de dons non-remboursables ou de prêts. Au total, plus de 170 millions de dollars ont été décrochés durant cette période. Le dernier en date est celui de la Banque mondiale. Cette institution a approuvé, hier, un don de l'Association internationale de développement (IDA) d'un montant de 45 millions de dollars pour « renforcer la capacité des ménages à faire face aux chocs et créer un environnement favorable au développement d'opportunités économiques dans les zones rurales ».

Outre la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), ont fortement apporté leur contribution. Le point marquant reste sans doute le décaissement de la troisième tranche du programme Facilité élargie de crédit. Certes, le montant est de 44,5 millions de dollars, mais la continuité de cet accord triennal avec le FMI est un très bon signe pour l'économie du pays.

Confiance

En quelque sorte, les bailleurs affichent leur confiance complète au régime en place. « Le Conseil a une confiance élevée dans le programme », a déclaré Patrick Imam représentant du FMI à Madagascar, dans une interview accordée à L'Express de Madagascar, hier, à propos de la décision prise par le Conseil d'administration de cet organe.

Les observateurs attendent, de pied ferme, l'impact de ces financements sur le quotidien des Malgaches. Bien que la Banque mondiale ait annoncé que l'économie malgache devrait progresser au rythme de 4,1 % en 2017, confirmant la tendance positive observée l'an dernier, ces chiffres évoqués ne se ressentent pas dans les ménages, surtout chez ceux qui vivent avec moins d'un dollar par jour. C'est la raison pour laquelle la Banque mondiale déploie un financement colossal pour appuyer le gouvernement malgache dans sa politique de développement en faveur d'une croissance inclusive et résiliente.

« Faire en sorte que ces résultats macroéconomiques positifs se reflètent dans le quotidien des plus vulnérables : c'est l'un des principaux défis que doit relever la Grande Île », souligne Coralie Gevers, Country Manager de la Banque mondiale pour Madagascar. « Le pays doit entreprendre des réformes pour veiller à ce que la croissance économique se traduise par une amélioration durable des conditions de vie des populations pauvres. Il faut donner aux communautés rurales les moyens de générer un plus grand nombre d'emplois en favorisant leur accès à la terre, aux financements, à l'énergie et aux marchés », ajoute cette responsable.

En plus de cette enveloppe, la Banque mondiale avait déjà approuvé le 16 novembre, une aide budgétaire de 45 millions de dollars pour l'amélioration du climat des affaires et de l'accroissement fiscal. La BAD, quant à elle, a annoncé le décaissement de l'enveloppe de 45 millions de dollars pour les réformes économiques.

Par Narcisse Angan

Pour le cas de la Côte d'Ivoire, il s'est réjoui des efforts consentis par le gouvernement ivoirien dans la lutte contre le Vih/Sida en passant d'un budget de 4 à 21 milliards de Fcfa.

Permettre aux populations vulnérables au Vih/Sida et à la santé sexuelle et reproductive d'avoir un meilleur accès aux soins de santé, en vue d'être plus résilientes face aux urgences et crises à l'horizon 2020. Tel est l'objectif global du programme « Frontières et vulnérabilités au Vih/Sida en Afrique de l'ouest » (Feve), de l'organisation internationale Association-environnement-santé (Enda-Santé).

En marge de la Conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa), qui se tient du 4 au 9 décembre à Abidjan, le président de ladite organisation, Daouda Diouf, a présenté les atouts de ce programme. C'était à l'occasion d'une conférence de presse tenue le 8 décembre, au cours de la réunion du comité régional de pilotage dudit programme à Abidjan-Cocody.

Daouda Diouf a indiqué que ce projet vise à contribuer à l'atteinte des Objectifs de développement durable (Odd), pour une réduction de l'impact du Vih/Sida. En plus d'une amélioration des indicateurs globaux de la santé dans les neuf pays d'intervention en Afrique de l'ouest. A savoir, le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, le Cabo Verde, le Niger, la Côte d'Ivoire, la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée.

Relevant que la zone ouest-africaine enregistre le fort taux d'infection à Vih sur le continent, dû à plusieurs facteurs dont le peu d'engouement auprès des gouvernants, l'instabilité des dix dernières années, la stigmatisation, etc., le président d'Enda-Santé a souligné le programme Feve vient contribuer à la mise en œuvre de réponses harmonisées dans ces neuf pays.

Pour le cas de la Côte d'Ivoire, il s'est réjoui des efforts consentis par le gouvernement ivoirien dans la lutte contre le Vih/Sida en passant d'un budget de 4 à 21 milliards de Fcfa. Et d'émettre le souhait que l'exemple ivoirien fasse cas d'école dans la sous-région, afin de faire reculer cette pandémie.

Le président Daouda Diouf a, en outre, signifié que la réunion du comité régional de pilotage du programme Feve est une occasion de partage d'expériences entre ces pays d'intervention, de définir les orientations stratégiques des années à venir, en lien avec les leçons apprises d'Icasa 2017.

Il a révélé que le programme est financé par le ministère des Affaires étrangères et européennes du Grand-Duché de Luxembourg. Représenté, à cette occasion par son ambassadeur en poste à Dakar, Nicolas Pierre, il réitéré le soutien de son pays à ce programme Feve, en vue de vaincre le Vih/Sida dans la zone ouest-africaine à l'horizon 2020.

L'ambassadeur Nicolas Pierre a procédé à la remise de la première subvention du fonds d'innovation et d'impulsion, d'une valeur de 100 millions de Fcfa à trois pays: le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Ce fonds va permettre la mise en œuvre d'un projet visant à la création d'une plate-forme informatisée. Et ce, pour améliorer le partage d'informations entre professionnels de santé en zone transfrontalière dans ces trois pays.

Lomé, Togo — La coalition de l'opposition togolaise est réticente face à l'appel au dialogue lancé jeudi par le gouvernement, estimant que celui-ci allait vite en besogne en affirmant que toutes les conditions étaient réunies pour permettre le démarrage de négociations pour faire baisser les tensions sociopolitiques.

"Il y a lieu de s'interroger sur la réelle volonté du régime à négocier avec la Coalition pour trouver des solutions en vue de sortir durablement le pays de la crise", a réagi l'opposition au cours d'une conférence de presse vendredi à Lomé.

Pour l'opposition, le gouvernement de Faure Gnassingbé ne peut pas "s'arroger aujourd'hui la paternité et le contrôle" du dialogue en invitant les principaux partis politiques au dialogue.

En fait, l'opposition reproche au gouvernement de vouloir s'ériger en juge, alors qu'il est partie et de chercher à court-circuiter la médiation déjà entamée par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine, pilotée par le chef de l'Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo, et de son homologue guinéen Alpha Condé.

La médiation, selon la coalition, « a suggéré la mise sur pied d'un Comité préparatoire regroupant trois membres de chaque camp en présence de la médiation ghanéenne. Ce Comité préparatoire, dont le principe a été accepté par les deux parties, devait se réunir dès que les mesures d'apaisement auront été mises en œuvre par le gouvernement ».

La coalition de l'opposition togolaise rappelle à cet égard que la médiation a suggéré la mise sur pied d'un Comité préparatoire regroupant trois membres de chaque camp, en présence de la médiation ghanéenne, et dont le principe a été accepté par les deux parties et qui devait se réunir dès que les mesures d'apaisement auront été mises en œuvre par le gouvernement.

L'opposition estime que "la déclaration du gouvernement sur le dialogue semble remettre en cause le chemin déjà parcouru par la médiation ghanéenne" et réaffirme "sa ferme disponibilité à poursuivre la préparation des négociations dans le cadre de la double médiation guinéenne, pour les mesures d'apaisement, et ghanéenne pour les discussions proprement dites".

Elle se dit ferme sur les préalables aux discussions, notamment, la libération de plusieurs militants arrêtés et l'autorisation des manifestations dans les villes du centre et du nord du pays: Sokodé, Bafilo et Mango.

Jeudi, le gouvernement togolais a lancé un appel au dialogue à l'opposition, suivi de quelques mesures d'apaisement, notamment la libération de deux imams, conseillers du Parti national panafricain (PNP) de Tchikpi Atchadam, pour incitation à la sédition et au meurtre.

Le Togo, rappelle-t-on, est en crise depuis quatre mois sur la question des réformes institutionnelles et constitutionnelles, occasionnant des violences ayant déjà fait une vingtaine de morts.

Au Mali, la Fédération internationale des droits de l'homme et sa branche locale, l'AMDH, publient un rapport sur l'avancée des grands dossiers judiciaires du pays. Il s'agit d'un rapport en demi-teinte car si des procès symboliques et sensibles se sont effectivement tenus, d'autres dossiers sont encore en attente et nuisent à la lutte contre l'impunité.

Un procès pour crimes contre l'humanité à la Haye contre le destructeur des mausolées de Tombouctou, un autre visant l'ancien commissaire de la police islamique de Gao surnommé «le boucher» et enfin un début de procédure contre l'ex-président putschiste Amadou Haya Sanogo: ce sont là des victoires judiciaires mais ce n'est pas encore suffisant, estime Maître Moctar Mariko, président de l'association malienne de défense des droits de l'homme.

« En 2012, personne ne pouvait croire qu'on pouvait avoir de tels procès au Mali. Voilà pourquoi je dis que nous avons beaucoup avancé, explique t-il à RFI. Nous avançons mais, souvent, cela s'estompe tout de suite. Nous pensons et nous pouvons supposer que c'est peut-être le politique. Par conséquent, si on pouvait vraiment surmonter ce pan du politique par rapport au judiciaire, on aurait beaucoup avancé dans les dossiers du Mali ».

L'avocat prend pour exemple le dossier des crimes sexuels perpétrés par les jihadistes au nord du Mali, en 2012.

« La plainte pour les femmes victimes de violences sexuelles avait beaucoup avancé. En effet, on a pu faire venir de Gao 37 femmes qui ont été auditionnées par le juge, par la justice. Mais que s'est-il passé ? Il y a eu un arrêt qui est tombé - arrêt de la Cour suprême - et tous les juges ont dit : non, je ne peux plus toucher à ces dossiers. Eh bien ces dossiers-là sont maintenant dans les tiroirs », regrette Maître Moctar Mariko.

Autrement dit, c'est la faute à un flou juridique. Quant aux juridictions compétentes à se saisir du dossier, la FIDH et l'AMDH dénoncent un manque de volonté politique quant à la poursuite des auteurs de ces crimes.

Par Mariame Djigo

Pour le développement du Sénégal, l'introduction des langues nationales dans le système éducatif est devenue obligatoire.

C'est la conviction des spécialistes de ces langues qui s'exprimaient lors d'un panel organisé par la Génération Y avant-hier, samedi 30 septembre à la librairie Harmattan, sur le thème «Education des jeunes: quel sort pour les langues nationales et l'arabe». C'est pourquoi, ils ont plaidé pour l'enseignement de ces langues et ont tracé la voie à suivre pour leur promotion.

Si l'envol du Sénégal continue de plomber, c'est parce que les langues nationales ne sont pas introduites dans le système éducatif depuis le début. C'est le constat fait par des spécialistes des langues nationales qui participaient à un panel organisé par la Génération Y avant-hier, samedi 30 septembre à la librairie Harmattan, sur le thème «Education des jeunes: quel sort pour les langues nationales et l'arabe».

Selon eux, l'enseignement des langues nationales dès le bas âge constitue une nécessité pour faciliter l'acquisition du savoir chez les enfants. «Aujourd'hui, on n'a pas d'inventeurs parce qu'on apprend le français pendant 20 ans, sans apprendre le savoir», a expliqué le directeur de New Africa consultant group(Nac) et spécialiste de l'arabe et des langues nationales, Moustapha Ndiaye.

Et, pour mettre fin à ce marasme économique, les spécialistes ont plaidé pour l'introduction des langues nationales dans le système éducatif. Pour y arriver, l'enseignant-chercheur et chef du laboratoire de linguistique de l'Institut fondamental d'Afrique noire (Ifan), Dr Mame Marame Seck, a appelé ses pairs à «être des activistes de nos langues pour porter le combat et l'imposer».

Le spécialiste du Wolof invite, par ailleurs, ses collègues à cesser d'être des «descriptivistes». Pour prendre nos langues comme véhicule de savoir-être et de savoir-faire, Dr Mame Marame Seck propose la mise en place d'un «Conseil national pour les langues qui sera chargé de leur promotion», d'un «Conservatoire des langues» et d'un «Comité national de l'orthographe de ces langues». Et cette dernière recommandation devra permettre de lutter contre les fautes sur les langues. Des fautes qui «enlèvent leur valeur, vu que les langues nationales sont souvent mal écrites».

Toujours dans le cadre de l'introduction des langues nationales dans le système éducatif, le Maître de Conférences et non moins chef de département de Lettres modernes à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, Dr Moussa Fall, a, quant à lui, avancé l'idée de changement de paradigmes.

Pour cause, «on veut s'appuyer sur les langues nationales pour mieux enseigner le français et c'est ça qu'il faut arrêter», a-t-il dit. Par ailleurs, l'inspecteur général de l'éducation et de la formation a déploré le fait que plusieurs processus d'introduction des langues nationales ont tous avorté. Or, le terreau est, pour le moment, «fertile» pour les langues nationales pour reprendre ses mots. Néanmoins, les spécialistes des langues nationales ont fait savoir que sans la volonté politique, les langues nationales seront toujours reléguées au second plan.

Par Esaie Meidogo Shakur

Les maires outillés sur la conduite des projets.

Une rencontre de deux jours s'est tenue récemment à Ngaoundéré dans le but « d'harmoniser la compréhension des outils de prise en compte des aspects environnementaux » par tous les acteurs impliqués dans la réalisation des investissements. En effet, depuis 2016, le ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement Durable (MINEPDED), a publié des textes relatifs aux études environnementales et sociales. Les maires sont fortement impliqués pour promouvoir le développement à la base. De l'avis des responsables du Programme national de développement participatif (PNDP), « un an après, l'on note une utilisation fantaisiste du formulaire socio-environnemental ne donnant pas lieu à la prise en compte des mesures environnementales, une connaissance approximative du rôle des parties prenantes, une faible implication dans les opérations de suivi de la réalisation des microprojets, entre autres ».

Ce qui a justifié la raison d'être des assises de Ngaoundéré qui se sont tenues à la Maison de l'élevage et du Développement durable sise à la Délégation régionale du MINEPIA. « Il est question de parler non seulement des textes mais aussi d'apprendre l'esprit du texte à travers cet atelier d'échanges », a rappelé Tchouassi Wansi, cadre chargé des aspects socio environnementaux au Pndp Adamaoua. Le Préfet du département de la Vina, Luc Ndongo, qui présidait l'atelier, a rappelé l'urgence à mettre en pratique de la notice d'impact environnement sans laquelle le développement à la base est difficile. Les travaux de deux jours ont ainsi permis d'aboutir à un ensemble de résolutions.

« La rentabilité commerciale des énergies renouvelables, particulières en terme d'énergies solaires, est maintenant prouvée dans beaucoup de pays, en particulier ceux qui sont dépendants des importations de gaz et de pétrole. Et le coût des énergies durables ne peut que baisser » selon Charlotte Aubin-Kalaidjian, Directrice Générale de Greenwish Partners, producteur indépendant d'énergie.

Elle ajoute « On prédit notamment que la capacité solaire installée pourrait atteindre entre 15 et 63 GW d'ici 2030, et a un prix compétitif ».

Mme Aubin-Kalaidjian interviendra lors de la session d'ouverture de l'imminente conférence Futur Energie Afrique Centrale à Yaoundé du 2 au 3 Octobre. Sa présentation se concentrera sur : « Investir dans un avenir propre et durable : la révolution énergétique en Afrique Centrale ».

La directrice de Greenwish Partners, récipiendaire cette année du Prix pour une contribution extraordinaire dans le secteur de l'énergie à la cérémonie de remise de récompenses d'African Utility Week au Cap, explique « l'énergie solaire se développe bien dans le sud, le nord et l'ouest de l'Afrique mais plus lentement en Afrique Centrale. Les fondamentaux sont essentiellement les mêmes.

La région travaille à l'amélioration des cadres régulatrices ». Elle continue: « L'un des défis clefs pour la croissance des énergies alternatives est la différence de taxes et de subventions entre les énergies durables et les autres technologies. Les gouvernements devraient aussi augmenter leur capacité de fournir des garanties souveraines et s'équiper des équipes les plus qualifiées possibles pour travailler avec le secteur privé ».

Hydroélectricité dans la région

Karine Migliorini, Directrice Générale d'EDF Cameroun, est également une des expertes qui interviendra lors du programme de la conférence Futur Energie Afrique Centrale: « La compagnie a été créée en 2014 pour organiser le portage des activités de développement du projet Nachtigal avec nos partenaires GDC et SFI. Aujourd'hui avec la création de la Société de projet NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), EDF Cameroun se désengage sur ce rôle pour se tourner vers des activités de développement. Il est évident que nous comptons capitaliser sur l'expérience de développement de ce projet en Partenariat Public Privé unique en hydroélectricité en Afrique Centrale. »

Elle ajoute: « Malgré la durée de développement de ce genre de projet, nous nous félicitons de pouvoir aboutir fin 2017 au closing financier ». Mme Migliorini est une panéliste a Futur Energie Afrique Centrale autour du sujet : « Comment encourager le transfert de compétences entre les compagnies internationales et locales afin d'apporter une empreinte positive à chaque nouveau projet? »

Elle nous affirme que son message à l'évènement sera le suivant : « On ne peut pas être présent dans un pays sans s'intégrer sur le territoire. De nombreuses actions autour de chaque projet doivent être réalisées que ce soit dans le domaine de la formation ou de la santé. Mais nous devons le faire avec les populations locales ».

Elle continue ainsi: « Par ailleurs, il est nécessaire d'intégrer dans les équipes des emplois locaux pas seulement en terme d'expertise -dont par exemple le Cameroun dispose- mais aussi de jeunes ingénieurs ou de salariés des sociétés nationales par des accords entre entreprises. Le transfert de compétences est un vrai sujet à instruire afin de rendre au fil du temps le territoire de plus en plus prescripteur de ses propres besoins ». Plateformes de rencontre pour les énergies de pointe

Futur Energie Afrique Centrale, auparavant connu sous le nom d'iPAD Cameroun, est devenu un rassemblement stratégique régional qui permettra à l'Angola, au Cameroun, à la République centrafricaine, au Tchad, à la République démocratique du Congo, à la République du Congo, à la Guinée équatoriale, au Gabon, à Sao Tomé-et-Principe de partager leurs expertises, leurs développements et leurs plans afin de faciliter l'intégration au réseau électrique régional. Encourager les collaborations privées et publiques est une des priorités du programme en 2017 afin que plus de projets soient implémentés. Soutien de l'industrie

Le Pool Energétique d'Afrique Centrale est un partenaire officiel de l'événement et deux ministres régionaux de l'énergie, à savoir l'Hon. Léopold Mboli Fatran, ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique de l'Afrique centrale, et l'Hon. Eugenio Edu Ndong, ministre de l'Énergie et de l'Industrie de la Guinée équatoriale, ont déjà confirmé leur participation.

Dates et lieu de Futur Energie Afrique Centrale : Conférence stratégique : 2-3 Octobre 2017 Lieu : Hilton Hôtel Yaoundé, Boulevard du 20 Mai, Yaoundé, Cameroun

Site Web : http://www.future-energy-centralafrica.com/ Twitter : https://twitter.com/FutureEnergyHub Linkedin : FutureEnergyAfrica

Contact : Responsable de la communication : Annemarie Roodbol Téléphone : +27 21 700 3558 Email: This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.

Par Jean-Marie Ntahimpera

Pour Achille Mbembe, la mobilité est « déterminante pour le commerce et la construction des civilisations africaines ».

«L'histoire nous dit que la première chose que vous faites pour affaiblir les gens est de restreindre leur capacité à se déplacer. La mobilité a permis l'étirement des sociétés; elle a été déterminante pour le commerce et la construction des civilisations africaines « , a déclaré Mbembe.

Ce célèbre historien, politologue et intellectuel africain s'exprimait dans le cadre de la 21e édition du cycle des Éminents conférenciers de la Banque africaine de développement (BAD), tenue à Abidjan autour du thème « Le coût des frontières en Afrique ».

Le séminaire a été l'occasion d'enrichir les discussions sur l'intégration africaine défendue par la BAD à travers sa priorité « Intégrer l'Afrique ». Le coût des frontières est perçu comme un frein à l'élimination des barrières commerciales non tarifaires ainsi qu'à la création d'infrastructures régionales et de marchés importants et attractifs.

Mbembe pense qu'une grande banque comme la banque africaine de développement devrait faire plus pour promouvoir les aspects positifs de la mobilité.

Il a cité une étude qui a révélé que le coût du transport en Afrique est 136% plus élevé que dans la plupart des autres pays, en grande partie en raison de l'insuffisance des infrastructures et de la restriction des mouvements.

Mbembe a également cité les statistiques de la BAD qui indiquent qu'un investissement de 32 milliards de dollars en infrastructures de transport chaque année pendant 15 ans en Afrique augmenterait le commerce de 250 milliards de dollars.

Le français et l'anglais sont aussi des langues africaines

En ce qui concerne les barrières linguistiques, Mbembe a déclaré que l'anglais et le français sont maintenant considérés comme des langues africaines qui ne sont plus une prérogative des Français et des Anglais.

«Notre relation avec ces langues nous oblige à les considérer comme faisant partie de notre patrimoine. Nous devons déplacer nos frontières et les adapter à l'environnement dans lequel nous nous trouvons « .

« Nous devons ouvrir le continent à lui-même et le transformer en une maison de pouvoir ». Il doit être transformé en un vaste espace de circulation. C'est le seul moyen de devenir son propre centre dans un monde multipolaire. »

Éminent professeur à l'Institut de la recherche sociale et économique à l'université de Witwatersrand, Johannesburg, en Afrique du Sud, Mbembe a été directeur exécutif du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) à Dakar, au Sénégal. Il a également été professeur invité aux universités de Harvard, Duke et de Californie à Berkeley aux États-Unis. Son récent livre, politiques de l'inimitié, est en train d'être traduit dans plusieurs langues.

 

Ce qui aurait dû être une affaire allant de soi au Kenya s’est révélé un marathon dangereux et sans précédent, couru sur trois fronts. La course a commencé dans les urnes, puis s’est portée devant les tribunaux avant d’aboutir dans la rue.

Communiqué de presse