La culture africaine à l’honneur lors du Lausanne Afro Fusions Festival en août

AFRIQUE/MONDE

Du 3 au 6 août dernier, la deuxième édition du Lausanne Afro Fusions Festival s’est tenue sur l’Esplanade de Montbenon. L’occasion de découvrir un large panel d’artistes, mais aussi de goûter aux saveurs culinaires de nombreux pays africains avec pour objectif de promouvoir cette culture africaine ainsi que le vivre ensemble et le métissage culturel.

Le samedi 5 août dernier, tous les voyants étaient au vert et un beau soleil inondait l’Esplanade de Montbenon, à Lausanne. Devant le Palais de Justice, au beau milieu de l’étendue de gazon, trône la scène principale du Lausanne Afro Fusions Festival (LAFF).

La promenade longeant le parc est quant à elle occupée par une enfilade de stands plus colorés les uns que les autres dédiés à l’artisanat africain. On y trouve pêle-mêle: des vêtements africains, des bijoux ou encore des masques et des accessoires nous permettant de voyager en Afrique en un rien de temps. Montbenon est réputé pour être l’un des espaces verts les plus fréquentés de la ville. Avec ses étendues de gazon et son panorama incomparable sur le lac, on a tôt fait de comprendre pourquoi.

Le LAFF y a donc établi ses quartiers le temps de quatre jours entièrement dédiés à la promotion de la culture africaine. Du 3 au 6 août 2017, la deuxième édition du festival proposait donc dans ce cadre magnifique un grand nombre de concerts de musique africaine et du monde mais aussi des ateliers de danse, des défilés de mode ainsi que des expositions et créations artistiques, le tout aux couleurs de l’Afrique.

Il s’agissait là de la deuxième édition du festival sous cette forme, mais attention, l’idée n’est pas nouvelle. « Depuis 2010 déjà, nous avons organisé une journée dans le cadre de la journée mondiale des réfugiés ici à Lausanne. Or, depuis maintenant deux ans, nous avons souhaité élargir et compléter cet événement », nous explique , Tidouane Diouwara, directeur du LAFF.
Dorénavant, le festival se tient sur plusieurs jours. « La nouveauté cette année est la venue d’artistes internationaux contrairement à l’an passé lors de la première édition où nous avions mis l’accent sur des artistes locaux ou des environs», ajoute-t-il.

Mais à qui ce festival est-il dédié ? Quel public cherche-t-il à attirer ? Comme nous précise son directeur, il y a une volonté d’attirer un public cible mixte : à la fois la population africaine, nombreuse à Lausanne et dans les environs, mais aussi la population suisse et lui faire découvrir cette riche culture. « Nous souhaitons avant toute chose mettre en avant cette mixité tout en développant un concept intergénérationnel avec des ambitions interculturelles fortes », nous explique encore Tidouane Diouwara.

La grande nouveauté cette année était l’introduction de concerts payants dans deux salles attenantes au parc, en sus des deux scènes gratuites se trouvant à l’extérieur. « Cette introduction nous a permis de compléter notre affiche avec des artistes internationaux de renom et d’étoffer ainsi notre programmation », nous révèle le directeur, ravi de la programmation mise en place cette année.

Malheureusement, le temps a un peu déjoué cette nouvelle stratégie. En effet, la canicule et les chaleurs estivales, « africaines », ont empêché le maintien de la programmation à l’intérieur, la chaleur suffocante décourageant même les plus enthousiastes à l’idée de découvrir les artistes s’y produisant. La majorité des concerts a donc été reprogrammée à l’extérieur et ceux maintenus à l’intérieur sont devenus gratuits afin d’encourager le public à s’y rendre !

Une grande palette d’artistes et musiciens était présente sur l’Esplanade de Montbenon, proposant des registres variés avec des influences musicales très éclectiques : de la musique africaine mais aussi caribéenne, en passant par des groupes français ou brésiliens. On citera parmi eux notamment Afrojhow, alias Wagner de Jesus Silva, artiste brésilien qui mit le feu en milieu de soirée sur la scène principale en proposant une musique d’un genre nouveau : l’Afromistique. Mélange de rythmes africains contemporains, avec un langage propre à l’artiste et lui conférant son identité sur la scène de Salvador de Bahia et dans le monde.
idée de découvrir ces artistes. décourageant m le temps en a voulu autrement. En effet, la canicule et les températures tout droles

 


Mais l’objectif du LAFF va bien au-delà de la musique. Rappelons que le festival émane de l’association Centre d’Information et de Promotion de l’Image d’une Nouvelle Afrique (CIPINA), dont la mission est de faire avancer la cause des populations africaines ou d’origine africaine établies en Suisse et dans le reste du monde grâce à l’intégration, le développement et la coopération. Dans cette optique-là, le CIPINA met en place chaque année plusieurs projets, dont le Lausanne Afro Fusions Festival, afin de promouvoir une image positive de l’Afrique. Chacun de ces projets ou événements a alors pour vocation de transmettre un message positif sur l’Afrique et les Africains.

Au fil de la journée et de la soirée, j’assiste donc à un festival riche en couleurs passant des concerts aux défilés de mode, tout en me lançant dans une initiation à la danse et en me faufilant dans les stands de vêtements, bijoux et artisanat africain avec des articles venant directement du Sénégal comme sur l’étal de Ziggy Sow ou créés, fabriqués en Suisse, tels ceux disposés sur le stand de l’association Joko Liguey afin de soutenir des actions directement sur le continent.
Au milieu de ce programme chargé, j’ai heureusement le temps de m’arrêter à plusieurs reprises pour déguster la myriade de spécialités locales proposées, en commençant par un mezze libanais puis une assiette de dégustation ghanéenne, et terminant le tout par de la banane plantain.
Le festival, à taille humaine, offre aussi la possibilité de facilement rencontrer des amateurs de musique ou de culture africaine, ou simplement des locaux venus se balader et découvrir. Je rencontre aussi, au gré de mon après-midi, un groupe qui attire mon attention en jouant du djembé entre deux concerts. Il s’agit en fait d’un groupe de Zouk, - Influans Karaïb -, tout droit venu des Antilles, qui se produit le lendemain. Le groupe, qui vit maintenant en région parisienne, est composé de musiciens avérés, mais a débuté il y a de cela à peine un an. Ils se réjouissent de se produire pour la première fois à Lausanne. Je fais aussi la connaissance d’un de leur ami, - Sage Confronté-, qui lui est un adepte du slam et se produit depuis sept ans en mélangeant slam, yaku et poésie. Il espère encore pouvoir se produire avec ses amis du groupe Influans Karaïb sur scène le lendemain.
L’objectif mentionné quelques heures auparavant par le directeur du festival de promouvoir le vivre ensemble tout en luttant contre les préjugés est à mes yeux entièrement atteint !

Cependant, il ne faut surtout pas négliger toute l’organisation nécessaire pour la mise en place de cet événement, comme nous le rappelle Tidouane Diouwara. Il insiste d’ailleurs à plusieurs reprises sur « la superbe équipe qui l’entoure, constituée de pas moins de 70 personnes, toutes bénévoles et qui ont œuvré de main de maître afin de concocter cette superbe programmation et tout mettre en place ».
Une chose est sûre, on ne s’embête pas ! Je cours d’une scène à l’autre pour être sûre de ne pas en perdre une miette, m’arrêtant entre deux concerts, pour découvrir les concerts imprévus, les « bœufs » et les impros notamment dans l’amphithéâtre bondé entre les deux scènes extérieures.
Je termine alors ma soirée sur le joli concert de Pamela Badjogo, révélation musicale de l’année 2016, puis adulée suite à sa prestation lors de la cérémonie de la Coupe d’Afrique des Nations au

Gabon. L’artiste propose un concert tout en délicatesse mais aussi engagé et entraînant, en osmose avec son public. Elle est accompagnée de quatre musiciens - un pianiste, un batteur, un saxophoniste et un bassiste - et ils nous offrent un jazz bluesy et entraînant faisant danser la foule sur le parc devant la grande scène face au lac.
Le concert ne dure malheureusement, à mon goût et celui des spectateurs, qu’une petite heure mais la soirée promet encore d’être animée et chargée avec des concerts prévus jusqu’à passé une heure du matin !

Le bilan de cette édition 2017 est très positif avec une estimation de 20 000 visiteurs sur les quatre jours, soit le double de l’année précédente, comme le mentionne le communiqué de presse rédigé quelques heures après la clôture du festival. Seule ombre au tableau, le bilan financier déficitaire en raison de la suppression à la dernière minute de la billetterie pour les salles intérieures due aux grosses chaleurs qui ont sévi lors de ce long weekend. Le comité a cependant directement annoncé une troisième édition dans son communiqué de presse post-festival et les dates seront communiquées tout prochainement !

www.lausaff.org
Photo : Défilé de mode